Après la sortie de son premier album "Street Cradibility", Rachid Wallas répond à nos questions. Vous découvrirez cet artiste, pour ceux qui ne le connaissent pas encore. Il nous parle aussi de ses projets en cours.
Peux-tu te présenter, pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

- Qui es tu ?
Rachid Wallas MC, j’ai 28 ans, je suis de Nancy (NCY 54000)
- Pourquoi le rap ?
Parce que c’est la musique que j’aime, c’est la musique qui m’a fait découvrir d’autres musiques et j’aime l’écriture, j’aime cette énergie....
- Quel est ton parcours musical ?
Je commence le rap en 91, je fais mon apprentissage dans differents groupes jusqu’en 1999, pas mal de concerts et de passages à la radio durant cette période.
Je me lance en solo en 2000, ce qui aboutira à mon 1er maxi « à la rach » et un second en coprod avec Label Rouge « Relaoding ». Ensuite des tapes et compiles (MC en faktion 2, label rouge vol 3..) et là j’arrive avec mon 1er album Street Cradibility ...
- Comment définis-tu ton univers musical ?
Mon univers musical est varié, j’aime le bon son comme la soul, le vieux funk, le blues, et bien sur le bon rap east comme west coast. Je n’ai pas de barrière musicale c’est trop réducteur.
- Quelles sont tes influences musicales, qu’écoutes-tu actuellement ?
Je ne suis pas un fouineur en quête de la dernière news. Bizarrement, chez moi je n’écoute pas beaucoup de sons, j’en écoute chez les autres, chez mes potes Dj.
Je co-anime une émission de radio sur Nancy et on passe vraiment ce qu’on aime sans se soucier de la date de sortie du skeud.
J’aime beaucoup Busta Rhymes pour sa créativité, GURU pour son flow indémodable.

- Tu es dans le rap depuis 1990, comment ce fait-il que ton premier album ne sorte que maintenant ?
En 1990 j’avais 13 ans. J’ai une histoire, un passé rapologique dans ma région, j’ai toujours fait parti de groupe avant d’être en solo.
A l’époque, je ne me souciais pas de faire des disques, j’ai fait beaucoup de scènes (1er parti NTM, Sage Po, Sleo, Fabe...). J’ai eu des hauts et des bas, loin du rap game, et si ne je sors un album que maintenant, c’est que cela devait se passer comme ça, doucement mais sûrement. Je fais un marathon pas un sprint.
- Tu viens de la région nancéenne, il y a aussi Fat Flow Staff dans ton entourage. Comment se développent le Hip Hop dans ta région ?
Il se développe plutôt bien des bons groupes. Que ce soit Nancy, Metz, Strasbourg, l’est de la France est actif rapologiquement depuis longtemps, il faut juste tendre l’oreille parfois pour entendre, et ouvrir les yeux pour voir.
- Tu as monté ton propre label « Nutz Record », est-ce par choix ou par nécessiter ?
Je ressens le besoin de me structurer, j’ai tellement eu pour habitude de tout gérer, que ça en est devenu viscéral.
Je vois mal un gars arriver et me dire « tu dois faire comme ci ou comme ça ». C’est aussi passionnant d’entreprendre au delà de l’artistique, même si la route est plus longue. Comme je l’ai dit, je fais une course de fond !
- Ton rap a une touche particulière, tu es très hip hop, sur ton album on peut retrouver du scratch et du beat box. Dans le clips de « Street cradibility » on retrouve de la danse hip hop et du graphe. Peux-tu nous parler de cette proximité que tu as avec les autres branches de la culture hip hop.
Je n’arrive pas à concevoir un mc, un grapheur, un danseur, un dj qui se dit hip hop mais qui n’aime pas toute ces branches. Tout est lié. J’ai des frissons quand je vois un breakeurs faire un truc de ouf, idem Pour un dj ou devant une fresque qui éblouie, c’est la même émotion que lorsque tu fait une scène, la même excitation, le même code génétique...
Si j’avais eu le talent, j’aurais touché à toutes les disciplines....

- Que penses-tu de l’évolution du rap et de la scène actuelle ?
Le rap évolue tant bien que mal en France, le problème c’est qu’on ne laisse pas trop de place à la découverte. C’est toujours le pote a untel ou untel, le talent ne paie pas toujours, le rap est aussi devenu un business, ça parle plus de chiffres que de musique de nos jours !
En ce qui concerne la scène actuelle, il y a de très bon groupes et MC’s (Tai Chi, Fat Flow Staff, Specko, Enz, La Doxa, Keny Arkana, Bunzen, Hocus Pocus...). Mais je trouve souvent que les medias tire le rap vers le bas...
Parle nous de ton actu :
- Quand as-tu commencé à travailler sur cet album ?
J’ai commencé à taffer dessus l’été 2004, il était fini en octobre 2004, on a fait le clip entre novembre et décembre.
- As-tu rencontré des complications ?
Oh que oui, mais il faut savoir jongler avec pas grand-chose, c’est passionnant et excitant de gérer un projet. Le voir naître, grandir, évoluer malgré les difficultés et autres contretemps...
- Qui sont les différents intervenants ? Avec qui as-tu travaillé ? [Prods - Feat - Réalisation]
Les intervenants sur mon skeud c’est la famille ! Pour mon 1er album, je voulais vraiment le faire uniquement avec les gens de chez moi, de ma région, que ce soit Mr Teebow et Vincenzo Terranova des Fratellobeatz, Skeez et Chi pour les prods Enrique Mendoza et Tai Pan pour les mcs.
Ce sont tous des gens avec qui je travaille depuis longtemps des gens que j’apprécie donc pour moi c’était normal de le faire avec eux.
- Quel message(s) as tu voulu faire passer à travers cet album ?
Il faut prendre du plaisir dans ce que l’on fait, il faut essayer d’apprécier l’instant présent car le temps passe vite, la vie est faite de pleins d’émotions. Il faut savoir aborder tout les sujets. C’est possible de rester soi-même.
- Quels sont tes projets à venir ?
Défendre mon album jusqu’au bout. Je vais tourner de nouveaux clips pour pousser le truc, taffer la scène. j’ai quelques projets feat, compiles. Je vais essayer de lâcher un vinyle avant la fin de l’année. A la rach !
En conclusion : si je te dis " rap indépendant " tu me réponds... ?
Ca va un temps... c’est passionnant mais fatiguant...usant mais glorifiant !!!