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Naja :
10 septembre 2005

Suite à la sortie du maxi "Hors Compétition", Naja répond à nos questions. A travers cette interview vous decouvrirez cet artiste ainsi que les raisons qui l’ont poussées à quitter le BOSS et monter sont label "Dabelt". Une interview Choc avec des révélations à vous couper le souffle !

Peux-tu te présenter, pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

- Qui es-tu ?

NAJA ou SUPANAJ un haïtien à Nanterre, fondateur du groupes "Les Reptiles", ex B.O.ssien, fondateur du label DABELT Entertainment.

- Pourquoi le rap ?

Je n’ai pas choisi le rap "c’est le rap qui ma choisi". J’avais un besoin de m’exprimer pas forcement de me rebeller, juste de m’exprimer et de partager. Cela aurait pu se traduire par la peinture la composition musical ou tout simplement en écrivant. Je me suis mis à écrire et voilà.

J’aurais eu la chance de savoir jouer d’un instrument et sans doute que j’aurais fini dans un groupe à jouer de la soul musique ou bien même un groupe de rock. Mais les cartes de la vie ont dit que je devais raper voilà.

- Quel est ton parcours musical ?

D’Haïti bercé dans le compas, la salsa et toutes les musiques caribéennes, j’atterri en France, à Nanterre. Premier groupe, rock, où je fais des reprises de Bryan Adams, poussé par l’envie de chanter.

Mon premier petit groupe de rap "Crime Verbal" a vu le jour à Nanterre. Ensuite je rencontre MASS, on commence à bosser ensemble, le groupe "les reptiles" se crée, puis les mix-tapes : Dontcha Flex, Dj Posca, et quelques petites compiles comme "vague nocturne". La première compile BOSS sort et par la suite je rencontre une D.A. Polydor qui propose de me signer. J’entre en studio pour mes maquettes, quand Dj Spank de BOSS me propose d’intégrer le collectif. J’y croyais donc j’ai choisi BOSS.

- Comment définis-tu ton univers musical ?

Mon univers musical est à construire pour apprendre au fur et à mesure que j’avance. Je fais selon mes inspirations mais je rêve d’un contexte musical varié riche métissé mélangé. J’ai envie de surprendre et d’être là ou on ne m’attend pas.

- Quelles sont tes influences musicales, qu’écoutes-tu actuellement ?

Mes influences : musique caribéennes, Busta Rymes, Gunit, Redman, Otis Reding, Michael Jackson, Usher, Leny Kravitz, Cabrel, Aznavour. En ce moment j’écoute énormément des anciens James Brown : c’est un fou ce mec, sur scène c’est un dingue il est trop fort.

Question sur ta carrière et sur le rap en général :

- Comment gères-tu le fait d’apparaître maintenant en solo sous "Naja" ? Sachant que tes précédentes apparitions étaient signées "Les Reptiles", c’est un retour à la case départ ?

C’est un peu ça, ouais, à la case départ. J’ai l’impression d’avoir tout à prouver alors que ça fait des années que je taff. Mais c’est bien comme ça. Je suis tout frais, tout neuf mais avec des années d’expérience. Maintenant, ce qui va faire que ça marche c’est seulement mon talent et ma persévérance.

J’ai pas peur du boycotte. Je crois en ce que je fais et j’irais là où il faut aller, s’il faut y aller pour trouver ce que je veux, mais pas jusqu’à donner mon boule. Il y a un mec de chez BOSS qui m’a dit "Tu sais Naj, se courber c’est pas donner son boule". Moi, je pense qu’en se courbant c’est la meilleure façon de se faire enfiler. Donc aujourd’hui c’est NAJA dabelt et fuck le reste.

- Ta dernière prestation était sur Opus 3 de BOSS, que s’est-il passé depuis ?

Après l’album Boss, j’ai dû prendre un avocat pour me faire payer. Jusqu’à maintenant, je me tape encore pour mon du. Je fus écœuré un peu du rap mais j’ai compris que c’étais pas le rap c’était des mecs qui étaient là, derrière leurs bureaux, et qui se prennent pour des dieux et voilà ce qui m’a poussé à monter mon label, sortir mon maxi et me projeter dans l’avenir.

- Tu dis dans le morceau Parfois "Quand Tout est contrainte et plus rien ne me conviens", était-ce ton état d’esprit avant de quitter le B.O ?

Comme je voyais que la stratégie du patron de BOSS, Sébastien Farran alias Terror Seb, était de créer une famille autour de Joey Starr et de développer Joey Starr, j’ai compris que je n’étais pas dans un label de musique "normal" et que j’étais là pour appuyer la crédibilité de Joey Starr et de Mr Farran. C’est comme si Dr Dre produit Eminem et que l’on ne voyait que Dr Dre.

Je pense que Joey n’était pas prêt à produire, pas prêt à passer derrière la machine. Ce qu’à mon sens son acolyte a su faire [NDLR Kool Shen]. Moi, j’ai voulu trouver un compromis. Je me suis rendu au bureau de Mr Farran pour lui soumettre mon projet de monter mon label et lui demander s’il pouvait m’aider, voire continuer à travailler ensemble par des co-prods. Il m’a répondu : "Ecoute Naj’ t’es noir, t’es en France et tu fais du rap. Faut que tu saches que Mohamed Dia et Kenzy sont des exceptions donc t’emballe pas". A ce moment là, je n’avais plus rien à faire dans ce label. J’aurai pu le caner sur place après ça mais ce qu’il ne savait pas c’est que ma violence n’est pas physique.

- Le morceau "Parfois" à l’air d’un message perso aux membres du BOSS, peux-tu nous en parler ?

Aux membres de BOSS ; non, aux fondateurs de BOSS ; oui ! Comme tout homme, je rêve et ce qui m’énerve c’est que Joey est quelqu’un en qui j’ai cru, un mec dont je chantais ses paroles comme un hymne. Et Lui et l’autre Seb se servent des rêves de mecs comme moi et ça, quoi qu’il arrive, ils le payeront un jour ou l’autre.

- Dans "Hors Compétition" tu dis "le rap en France, un petit groupe qui se regarde, rien a foutre de se monopole". Que penses-tu de l’évolution du rap et de la scène actuelle ? Est-ce un milieu fermé ?

"Milieu fermé", je ne sais pas. Cela voudrait dire qu’il n’y a pas d’espoir et moi je pense que tout est possible.

Un petit groupe ? Oui. Parce qu’ils se connaissent tous et qu’ils sont tous copains. Apres mon départ de chez BOSS, on m’avait fait une très belle proposition pour mon label dans une major. Après un coup de fil de MR Terror Seb, il n’y avait plus de deal. Je le sais parce que ce dernier s’en est venté pour me faire comprendre que sans eux j’étais mort.

Aujourd’hui, je raconte mon histoire parce qu’ils me font passer pour un mec qui a eu la grosse tête, alors qu’ils traitent les gens comme des chiens et ne respectent que l’argent.

Dans "parfois" je parle de mon rêve avec les mots de Joey Starr dans le NTM pour qu’il se souvienne que lui aussi il a dû en avoir un. Et si je suis si explicite aujourd’hui, c’est que j’ai compris que ma meilleure défense était de raconter mon histoire. Les fans de Joey diront que je suis fou ; je les comprends parce que j’ai aussi été son fan. Sans la musique je ne me sens pas vivre. Alors je vis et tant que je vivrai ma musique sera !

- Avec Dabelt tu gères désormais ton son. Pour un premier produit, nous remarquons que tu as bien bossé. On a entendu vos pubs à la radio, on a vu vos affiches sur les murs. Comment vous êtes-vous organisé [promos - distribution etc.]

Il y a pas mal de gens qui, dès qu’ils reçoivent mon disque, appellent directement Mr Farran. Je peux te dire que pour ma promo, ce n’était pas gagné et ça ne l’est pas encore ! Maintenant, d’autres gens se sont mis à jouer mon disque et, sans te mentir, ça m’a permis de me dire que ce n’est pas complètement perdu et que tout le monde n’était pas forcement à vendre ou achetable par l’équipe Joey Starr. Pour le reste, j’ai du mettre la main à la poche. Je ne vis aujourd’hui que pour mon label. Je taff, la paie entre, la paie sort... hé ouais "né sur le ring"...

Parle-nous de ton actu :

- Le maxi "Hors Compétition" sert d’introduction à ton album "Né sur le Ring". Quand as-tu commencé à travailler sur ce projet ?

Cela fait à peu prêt 1 ans et demi que je travaille dessus, avant même la sortie de L’album. Je m’étais dit que "Né sur le Ring" serait la prochaine étape de Supanaj et rien ne devait empêcher ce truc de se faire donc voilà. Et pareil là on est sur le taff de l’album de la VIP.R et de DABELT GROUP, à suivre...

- As-tu rencontré des complications ?

Clair !!! Le thème de l’album est le combat continu que l’on est amené à mener dans la vie de tous les jours. Je peux te dire que pour réaliser cet album, c’était un combat ! Maintenant pour le sortir c’est une autre galère.

Il est évident que les gens ne voulaient pas que je mette sur pied mon projet. Sans que je ne puisse comprendre pourquoi. Je me suis vu interdire l’accès du studio BOSS. Donc j’ai du bossé pour me payer mes studios et c’est tout les jours, en sortant du taff, que j’enregistrais.

Apres pour contacter les invités, ce n’était pas gagné sans l’aide Dj Spank. Lickshot, la boite de management de Boss, m’avait délégué un type pour m’aider à mettre ça sur place. Mais lui a chaque foi que je lui demandais de contacter un artiste il me disait : "ouai les mecs ne veulent pas, t’as vu Naj t’es pas assez connu, etc"... jusqu’à ce que je les contacte moi même et qu’ils me disent qu’ils n’étaient pas au courant et qu’il n’y avait pas de problème. Certes on m’a aussi pas mal snobé mais bon c’est le jeu qui veut ça.

- Quel son les retours sur ce maxi ?

Très positif, le maxi c’est justement pour annoncer le projet "Né sur le ring" et d’après les retours, le message passe et le travail de promo doit continuer. Ce n’est pas fini, il faut en mettre à chaque foi une couche et ce n’est pas évident en autoprod.

- Qui sont les différents intervenants ? Avec qui as-tu travaillé [pourquoi et comment] ? [Prods - feat - réalisation]

Les feat sont des artistes que je kiffe à la bases, ce n’est pas juste pour leurs noms. Apres ce sont des connaissances et des artistes de mon label. Comme Be.ju que l’on a pu entendre sur le titre "marchandise" de l’opus 3 de BOSS. Suivez la suite de mes productions, je vais vous faire découvrir la soul française : Be.ju...

Le compositeur du label Di Cee a signé les prods du maxi. C’est un tueur ce mec, à suivre également ! On retrouvera aussi sur l’album des sons de DJ James, comme celui avec Iron Sy qui sera aussi présent sur la compile Indépendanza mais aussi des sons de FBI le groupe de DJ Spank

- Tu dis dans Freestyle "je viens définitivement ! Plus de temps à perdre", Sur ce maxi tu remets les points sur les "i" afin de repartir de plus belle ?

Les gens ne me connaissent pas, ne savent pas qui je suis. Je viens donc me présenter pour que tout soit clair et que l’on ne se trompe pas de nom quand on parle de moi. L’expérience Boss m’a énormément appris je pense même que cela a été une très bonne école. Là-bas, je pense que c’est un peu le comble du rap business.

- Quel message as tu voulu faire passer à travers ce maxi ?

Mes titres sont "Hors compétition", "Relever le défis" "Parfois" et "Sans limite". le rap français du moment, haineux, négatif, avec des mecs dont on dirait que leurs cités c’est Bagdad, c’est pas mon truc. Voilà pourquoi je sors de cette compétition, j’ai envie que les immigrés se lèvent prennent les armes. Entendons nous bien, en parlant "d’armes", je parle de l’école !

Imaginez si tous les petits africains repartaient en Afrique, avocats, ingénieurs, docteurs, les choses ne seraient plus les mêmes. Mais le système fait tout pour qu’on reste ouvriers, qu’on reste leur main-d’œuvre. Et ce n’est pas par la haine que l’on dit les choses, ça c’est mon avis. J’ai kiffé les son "quoi de neuf" de Kenedy, j’apprecie aussi Intouchable et Rohff qui sont supers positifs et te donnent envie de faire des choses. Ali me touche énormément aussi.

- As-tu des dates de prévues [concerts, show case, tournée] ?

Pas pour le moment, je cherche un tourneur...

- On attend donc l’album "Né sur le ring" pour Octobre ? Y a-t-il d’autres projets en cours pour Dabelt ?

La sortie de "Né sur le ring" sera repoussée à novembre parce qu’en ce début de septembre je sors une mixtape inattendue pour répondre aux affronts de Mr Joey Starr et mettre les choses au clair pour tout le monde. Après je pourrai continuer à bosser tranquillement. Je ne veux pas que les invités de mon projet soit mêlés à quoi que ce soit. "Né sur le ring" reflète le combat de tous les jours et pas le combat contre BOSS. Ce combat, je le mène personnellement parce qu’on m’a attaqué personnellement, moi et ma famille. Je veux que les gens sachent et que cela cesse.

En conclusion : si je te dis " rap indépendant " tu me réponds... ?

Une solution, l’entrée, la sortie, la résistance.




 
 
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