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Les Spécialistes [Interview] :
25 avril 2005

On se rappel de leur premier album [1999] qui avait remporté un franc succès dans l’underground.

Ce duo mixte, nouvellement signé chez IV My People, récidive avec Réality Show, leur Deuxième album disponible depuis le 21 Mars.

Les Spécialistes répondent à nos questions sur leur parcours, leur signature chez IV My People, leur projets à venir et nous présentent leur nouvel opus...


Pouvez-vous vous présenter, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

- Qui êtes vous ?

Aniès : Princess Aniès rappeuse depuis une petite dizaine d’années. J’ai commencé à écrire et à poser mes premières rimes dans les années 90 plus précisément en 1993.

Tepa : Nous sommes le seul duo mixte du rap.
Je suis un fervent militant de mes idées en aucun cas pour le compte d’un autre, je fais passer mes messages avec ma vision des choses sur le monde qui nous entoure.

- Pourquoi le rap ?

A : Je ne me suis jamais posée cette question. Je suis tombée dedans comme ça, par pure passion et amour de la musique.
Etant jeune, c’est cette musique qui me représentait le mieux, de par le discours et la forme aussi. Ça me parlait. Je me sentais concernée par les messages, le coté un peu rebelle, et revendicateur. Donc j’ai choisi le rap, mais je ne savais pas que j’allais en faire ma profession !!!

T : Le rap est une culture beaucoup plus riche et diversifié que tous les mouvement musicaux que nous avons connu jusqu’alors, puisqu’il intègre tous les mouvements, toutes les tendances musicales, le rap est vivant et en mouvement, on peut intégrer n’importe quelle musique dans une instrumental de rap, c’est la toute la force de cette musique. En même temps le rap a aussi pénétré les autres musiques.
Le rap nous permet de rentrer en contact direct avec notre public, c’est le mode d’expression moderne le plus direct et le plus authentique de nos sociétés modernes ou l’information est filtrée, contrôlée, manipulée, aux mains de quelques personnes.
L’expression artistique du rap trouve ses origines dans la rue, mais aujourd’hui ses messages s’adressent à la masse.

- Quel est votre parcours musical ?

A : Pour ma part, j’ai intégré le collectif du D.Abuz System en 95. Puis j’ai participé à une compile ne réunissant que des filles. J’ai demandé par la suite à Tepa de m’accompagner sur scène pour la tournée qu’ils avaient montée. Du coup, on a fait un tas de morceaux ensemble et de fil en aiguille on a décidé de monter les Spécialistes (1997).
Notre 1er album est sorti en 1999. A suivi un album solo fin 2002. En tout, je compte 2 albums avec mon groupe, un album solo, plusieurs maxis solo et avec les Spécialistes, une centaine de mixtapes, beaucoup de compils (première classe 2, Mission Suicide, Cutee b Style, nouvelle donne...) et plus de 200 concerts en France et à l’étranger.
Que du kif pour le moment, même si il y a beaucoup de sacrifices et de remises en questions. L’actualité du moment c’est notre nouvel album qui vient de sortir le 21 Mars 2005 chez IV my People.

T : J’ai commencé à écouter du rap avec l’émission hip hop et Sydney, ensuite je n’ai plus jamais lâché. Nous étions mon frère (mysta.d) et moi des fous de cette musique, qui je dois le dire après le passage à tf1 est retombée dans l’oubli médiatique.
Mais pendant ce temps, tous les passionnés n’avaient pas lâché l’affaire et le milieu underground ne cessait de prendre des adeptes chaque jour. Quand Public Enemy est arrivé ils ont montré au monde que la rap pouvait avoir des groupes aussi populaires que dans les autres mouvements musicaux.
Perso j’écoutais aussi beaucoup de reggae et je reste un grand fan de Bob Marley, Steel Pulse ou Burning Spear. Au début de l’année 1989 Abuz rencontre Mysta.D : D.Abuz system est né. Au départ j’ai fait de la danse avant de me mettre à rapper alors que j’accompagnais D.abuz system sur scène (pour faire les backs).
Je ne pensais pas encore en terme de carrière alors que le rap en était à ses débuts. J’écrivais des tas de textes dans ma chambre, avant de poser sur quelques compilations (Nord sud / Dj Ennuff...) et énormément de mixtapes. Je suis à l’origine de la création du label Da system dont j’ai assuré la gestion avec d’autres membres. J’ai été aux commandes de tous les projets qui ont suivis. J’ai adopté deux casquettes : manager et rappeur. Ce qui fut très dur à gérer.
Ensuite nous avons créé les spécialistes, après la tournée labelle’s dans laquelle j’avais épaulé Aniès en montant un show dans lequel nous intervenions tous les deux comme un groupe.
L’idée nous est venu de continuer ce concept sur disque alors que tout le monde y était hostile dans le label. Nous avons persisté et l’idée s’est imposée sans que nous ne soyons jamais posé la question de savoir si nous étions le seul duo mixte.

- Comment s’est produit votre rencontre ?

A : On s’est rencontré parce que je suis tombée sur un article dans un magasine ou le groupe D.abuz System demandait d’envoyer des maquettes.
En appelant le numéro sur le magazine je suis tombée sur Tepa en lui disant que je n’avais pas les moyens d’enregistrer une maquette. Il m’a donc proposé de passer chez eux. Je suis passée avec deux copines avec lesquelles je rappais à l époque et puis le feeling est passé tout de suite. Apres la suite, on la connaît !!!

T : Aniès nous a contacté au label parce que nous cherchions des nouveaux artistes, et nous l’avons adopté.

- Comment définissez vous votre univers musical ?

A : Mon univers musical est très large, même si je suis plus proche du rap que des autres genres musicaux.

T : Notre univers musical reflète la réalité, sans concession, et que cela dérange ou pas les gens car les gens n’aiment pas trop que tu leur renvoies la réalité, mais c’est là une mission d’un rappeur selon moi.
La musique reflète les émotions, on peut être triste, joyeux, sérieux, fâché, c’est ainsi que j’aborde chaque titre. Les sujets me viennent de l’inspiration de la vie quotidienne, qui est un vivier inépuisable de thèmes et de sujets.
La musique est aussi importante que les textes, elle est son support, c’est pourquoi il ne faut pas négliger les flows qui font partie des techniques musicales et du challenge qu’aiment s’imposer chaque rappeur.
Innover, explorer des terrains vierges, prendre des risques et surprendre sont vraiment des leitmotivs, et bien sûr jamais se travestir.

- Quelles sont vos influences musicales ?

A : Je peux écouter de tout. J’aime le rnb, plutôt américain, parce que le rnb français ce n’est pas trop ça encore. Je kif aussi la salsa, la soul, la funk, les musiques qui « groovent » bien.
Mes influences sont diverses. Avant d’écouter du rap, j’écoutais également du raggae. C’est un de mes grands frères qui m’a fait découvrir le disque de Public Enemy. Puis je suis tombée dedans et je n’ai plus changé. Du coup je suis à l’affût des nouveautés dans le monde du rap américain.
En ce moment, il y a the Game c’est d’ailleurs une tuerie, G unit....
Mais je reste une bonne française : j’adore Mobb Deep !!!

T : J’aime tous les genres de musique car il y a du bon partout, même si personnellement je suis plus sensible à toutes les tendances black music (reggae, soul, funk, house, dancehall, soukouss, zouk...)
Maintenant j’apprécie beaucoup la musique française que m’a fait découvrir mon père tel qu’Aznavour, Jacques Brel, Léo ferré, Edith piaf... Les textes sont grandioses ils m’influencent beaucoup dans l’écriture. Je considère que nous, les rappeurs, nous sommes les véritables héritiers de ce mouvement car nous sommes de vrais auteurs interprètes artistes engagés comme ils pouvaient l’être. Alors que la variété aille se rhabiller s’il vous plait !!
Au niveau rap je suis très influencé par des américains comme Krs One, Biggie, Nas, Wu Tang, Redman, Jay-Z, Eminem, Mobb Deep, Dr Dre, G.Unit et d’autres plus New York en fin de compte. En rap français j’apprécie Rohff, Booba, Nysay, Oxmo, Diam’s, Kery (avant), La Scred Connexion, Arsenik, Tandem, Koolshen, Psy 4 de la rime...

- Qu’écoutez-vous actuellement ?

A : En ce moment, j’écoute Mobb Deep car je suis nostalgique du passé ! Les prods d’Alchemist sont des chefs d oeuvre ! J’écoute The Game, j’aime bien aussi les Kanye West, Raphael Sadiq qui me rappelle l’époque de Toni tony toné. Et pleins d autres choses aussi. En français, je kif grave Amara, Explicit Samourai, et je réécoute en ce moment Booba.

T : En ce moment en rap « cainri » je kif à mort le « The Game » et les tape de G.Unit, Eminem, Fabolous, et surtout je découvre le Crunk (Lil Jon, Ludacris, Petey Pablo...) et franchement ça déchire.
En céfran je reste avec mes vieux albums.

Questions sur vos carrières et sur le rap en général :

- Aniès, tu as été animatrice chez Génération, quelle incidence cela a-t-il eu sur ta carrière ?

A : Plus de négatif que de positif. Dans ce milieu qu’est le rap, quand tu commences à dire ce que tu penses (car c’était une émission à débat), les gens prennent mal les choses.
Le co-animateur Bob qui n’a pas la langue dans sa poche disait ouvertement les choses et du coup les artistes étaient vénère, mais pas contre lui car ils en ont tous peur. Du coup, ils ont eu la haine contre moi et beaucoup m’ont boycotté.
Par contre, ça m’a apporté beaucoup au niveau des relations humaines, je me suis aperçue aussi que beaucoup de gens pensaient comme des « arriérés » !! Lors de certains débats, des mecs disaient des choses sidérantes et là tu te rends compte qu il existe encore des gens avec des mentalités moyenâgeuses !!

- Tepa, nous avions entendu parlé d’un album solo, est-ce d’actualité, as-tu des projets en cours ?

T : Carrément c’est très d’actualité car en ce moment je suis en plein mix, alors que les enregistrements sont presque terminés.
Cela va commencer par un projet d’album solo concept dans lequel je vais m’introduire en solo auprès du public, avec des 12 titres inédits mais aussi une plage mixé par Dj Smith qui compilera mes différentes apparitions à l’ancienne sur des tapes et autres compilations.
J’ajouterai également des plages mp3 avec un clip vidéo qui est déjà en rotation sur zik (chaîne musicale). Ce sera l’occasion de présenter le premier gros projet de mon label Box office avec les artistes qui le composent qui auront une place non négligeable, il s’agit de Aki (présent sur explicit 18) et Atis (présent sur liberté d’expression), deux jeunes rappeurs méconnus et talentueux qui m’accompagneront sur de nombreuses plages du cd à 3 nous formons le collectif BOX OFFICE.
Ce projet a été reporté suite, car j’ai du consacré un temps énorme à Spécialistes, mais je n’ai pas chômé et je compte bien enchaîner les projets et ne pas laisser un intervalle de temps trop long entre les sorties comme ce fut le cas ces dernières années.

- Vous êtes très militants, on se souvient de "hip hop citoyen", le morceaux qui à suivi l’appel lancé par Aniès suite aux élections présidentielles. Pensez-vous que cet aspect du rap est toujours présent ?

A : Je pense que cet aspect est toujours présent. Moins qu’au début du rap où on prenait le micro pour dénoncer des choses, défendre des causes Etc. mais il reste quand même une partie du rap qui milite et qui essaie de faire passer des messages.
Personnellement, je ne lâcherais jamais ce coté là car je pense que le rap est un vecteur d’informations et de messages. Et j’ai envie de faire avancer les choses.
Le rap est devenu très édulcoré, et les mecs ne pensent plus qu’au fric, mais la minorité résiste encore. A travers des groupes comme la Rumeur par exemple.

T : Pas vraiment le rap en général s’est considérablement développé et le moteur militant n’est plus majoritaire aujourd’hui il existe d’autres tendances comme le rap « caïra », le rap « entertainer », le rap « ego trip », chacun doit pouvoir s’exprimer dans ce qu’il ressent donc je pense que c’est positif que tout le monde soit représenté.
C’est aux médias de nous faire partager ces différences mais la tendance générale de chacun est de souligner uniquement une de ces catégories sans jamais montrer toute la diversité du mouvement.

- Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?

A : Moi ce fut toute la période du Da system. Quand j’ai commencé le rap et que tout s’enchaînait avec mon collectif le D.Abuz System : les concerts, les freestyles, les radios, etc. C’était tellement mortel que j’en suis nostalgique à en être malade !

T : 1999 Abidjan concert en cote d’ivoire quand on a joué devant 3000 personnes en furie, avec D.abuz system quand nous faisions le gimmick de bob marley « Wooooyyyy » on serait dans de live at the coliseum c’était magique trop fort une foule en délire comme j’en ai rarement vu, montée d’adrénaline assurée

- Quel est le pire souvenir de votre carrière ?

A : Je n’en ai vraiment pas. En fait mes pires souvenirs sont toujours les mêmes. Toutes ces remises en questions, cette peur du lendemain, errer sans savoir où l’on va. C’est tellement angoissant...

T : La rupture du contrat de D.abuz system avec Universal, la fin d’un rêve le constat d’un échec et de la réalité de ce business ou tout est éphémère et peut s’arrêter à n’importe quelle moment, il faut repartir a zéro avec son sac sur les épaules

- Comment s’est passée votre signature chez IV My people ? Comment l’avez vous vécu ?

A : Ça s’est passé dans la douleur (rires). Non en fait, ce sont des indépendants, donc on a été très libres artistiquement. Le fait que ce soit un artiste qui est en tête du label n’a fait qu’arranger les choses, on a eu des journées de studio comme on le souhaitait, jusqu’à ce que les morceaux nous plaisent.
Apres c’est un peu dur, car la sortie de l’album a été repoussée maintes et maintes fois. Donc moralement c’est très dur, mais le plus dur est passé. Sinon au niveau des méthodes de travail et autres, on a continué à travailler de la même façon que d’habitude, donc ça n’a rien changé pour nous !

T : FMP est une petite famille, nous savions qu’il fallait d’abord s’intégrer et que cela prendrait du temps. Nous avions déjà nos méthodes de travail et cela a facilité nos rapports en tant que groupes autonomes, ils n’avaient pas à nous suivre en studio nous assurions toute la gestion artistique.
Nous avons passé beaucoup de temps à maquetter ce qui nous a permis de peaufiner les détails, de choisir et pouvoir revenir sur les morceaux. Nous avons pu sélectionner les titres et choisir les meilleurs, sans jamais prendre 2 titres identiques.

- Quel sont les avantages ou inconvénients de sortir en indépendant ?

A : Etre libre artistiquement. Les personnes qui travaillent avec nous sont plus compréhensives et plus compétentes car elles sont sur le terrain.
Les inconvénients, ce sont les reports de sortie, le manque de moyens (ce n’est pas une major !!)...
Mais Iv my people est quand même un gros label, donc on a quand même de la chance.

T : FMP n’est pas un indépendant comme les autres c’est une petite major à son échelle. Ils n’ont pas les milliards de Sony, mais le facteur humain est essentiel.
La force d’un petite société c’est qu’elle se concentre sur ton projet car elle a intérêt à faire péter chaque disque pour rentrer dans ses frais.
Maintenant les moyens sont limités, c’est comme faire la guerre avec un fusil d’assaut alors qu’en face ils ont des tanks c’est forcément plus risqué et difficile.

- Etant une référence de la scène rap indépendante, que pensez vous de l’évolution du rap et de la place du rap féminin ?

A : Le rap a pris une tournure un peu racailleuse ces dernières années, je trouve ça dommage. On joue vachement sur l’image aussi, l’apparence alors que le discours devrait normalement primer.
Ce qui est bien c’est que le rap a pris une place dans la Musique, et a acquis une reconnaissance. Même si c’est Nadyia qui gagne les victoires de la musique rap !!!!
Je pense que les médias et le grand public s’est fait une raison et s’est rendu compte que le rap faisait partie d’une des musiques principales que les jeunes écoutent. La place du rap féminin est infime, mais elle se développe de plus en plus. Pleins de filles m’écrivent, m’envoient des mails, viennent à la fin des concerts pour avoir des conseils. Avant il y’en avait très peu, maintenant, j’en rencontre presque tous les jours !!
C’est positif, car elles n’ont plus peur de se le lancer dans le rap.

T : C’est bien la première fois que l’on me pose une question sur le rap féminin (c’est pas une blague)
Je pense que le rap féminin va encore se développer avec le phénomène diam’s. C’est encore très difficile pour une fille d’arriver seule sans équipe autour, elle aurait trop de mal à s’imposer au sein, de ce milieu de mek très macho.
Par contre elle se fera remarquer très vite car le nombre de filles qui rappent bien se comptent sur les doigts d’une main.

- Le dernier album en date est de 99, cela fait donc pratiquement 6 ans. Or on a souvent annoncé la sortie d’un album des Spécialistes, pourquoi n’est il pas sorti plus tôt ?

A : On a fait un album qui n est jamais sorti avec pleins de titres.
Mais malheureusement la vie fait qu il y a des choses qui nous ont freiné (des évènements perso). Et puis le temps d’intégrer Iv my people, de travailler avec eux etc. Entre toutes ces années on a quand même fait pas mal de compils, de tapes, de maxis, et il y a eu aussi mon solo. Sans compter toutes les dates de concerts.
Ça a prit du temps c’est vrai, mais pour arriver encore plus fort !!!

T : Il y a eut des reports successifs car le label devait sortir Serum puis Kool Shen, cela a pris beaucoup de temps, ensuite travailler un album c’est très difficile car cela prend beaucoup de temps à mettre en place, et j’avoue que cette période fut très éprouvante psychologiquement, même si c’était l’occasion de retourner en studio faire des nouveaux titres

Parlez nous de votre nouvel opus :

- Quand avez vous décidé de commencer la conception de l’album ?

A : On a commencé à travailler des nouveaux morceaux après la sortie de notre premier album donc ça date maintenant ! On a zappé tous les morceaux et on s’est reconcentré sur cet album il y a un peu près 3 ans.

T : Dès 1999 nous avions commencé à enchaîner plein de titres, tu peux carrément dire qu’il existe un album d’avant Fmp qui n’est jamais sorti. Ensuite il y a eut la rencontre avec madizm puis kool shen après on a commencé à maquetter pour le compte de fmp.
Ensuite l’album s’est structuré pendant 2 ans.
Au départ nous étions partis dans plein de directions, puis tout s’est recadré au fur et à mesure

- Avez-vous rencontrez des complications ?

A : Biensur. Comme je disais, moralement c’est très dur parce que tu ne sais pas ce que tu vaux, tu ne sais pas si ton album verra le jour... Tu erres un peu. Tu te poses vachement de questions. C’est important d’être bien entouré aussi.
Et puis tous les reports de sortie m’ont fragilisé. L’entourage qui ne connaît pas la musique se pose bcp de questions sur notre avenir (surtout ma mère !!).
Alors il faut se battre et s’accrocher envers et contre tous, et croire en soi même si c’est dur.

T : Il y a eut plein de moments marrant ou tristes, et je dirai dans l’ensemble que c’est « un accouchement dans la douleur ». Beaucoup de temps, beaucoup de galères, comme un chat noir qui flottait au dessus de cette production, les jours de studio mal communiqués des voix qui se perdent, enfin c’était le vrai parcours du combattant, ou il faut avoir un mental de soldat pour trouver la sortie, avec toute la satisfaction que tu peux imaginer.

- Qui sont les différents intervenants, avec qui avez vous travaillé ?

A : On a pas fait bcp de feats à part artical Mehdi de Soundkail qu’on connaît depuis longtemps. Je l’avais déjà invité sur mon solo. On lui a demandé de faire un refrain car on voulait une vibe un peu ragga raggae sur ce titre. Sinon y a un freestyle avec la « famille », des mecs comme Amara, Stor-k, S.A.M.Y., Mous’, Guile, Jimmy Sissoko, Aki... avec qui on a bcp d’affinités artistiques et humaines. Donc ça s’est fait naturellement. Il y a des refrains chantés par Linda et un par Little D.. Ce sont des chanteurs qui travaillent avec Dr. Swing qui lui a fait 7 sons sur notre album. Il déchire, c’est un producteur très talentueux que j’ai rencontré il y a 3 ans et depuis on ne se lache plus ! Il va réaliser mon prochain album solo. Il y a aussi Mysta.D qui nous a fait 3 prods. Normal D.Abuz System depuis le temps !!! Et Madizm et secundo qui nous en ont faite 6. On a taffé aussi avec eux sur les maxis, et j’en avais prises pas mal sur mon solo aussi.

T : Au niveau prods nous avons travaillé avec des producteurs comme Madizm, Mysta.D (qui avait assuré l’ensemble des instrus du premier album) ou Dr Swing qui ont été de vrais magiciens au niveau composition et réalisation artistiques.
Cela était un travail en famille malgré les différences de méthodes nous avons gardé une cohérence de composition dans le choix de la prod.
Nous avons cherché à faire un album musicalement riche et varié.

- Pourquoi avoir choisi "Réality Show" comme nom ?

A : Parce que ça représentait bien notre état d’esprit du moment. Au milieu de toutes ces « merdes » qui sortent avec la télé réalité, l’envie de célébrité de tous ces pseudos artistes...
On a voulu leur dire qu’on fait notre show aussi, mais que le notre est bien réel ! Et puis, chaque morceau parle d’une réalité « vraie ». Quand on te parle d’une soirée dans « à qui tu parles » on te parle de la vraie soirée, du mec qui gratte des cigarettes, des meufs qui grattent des verres, des gens qui se font recaler à l entrée...etc.
Pourquoi les gens qui vont te parler de soirée vont te parler des soirées qu’ils voient dans les clips de 50 cent !!!(Rires).
On est en France bordel, on n’a pas la même culture !
Dans un morceau comme « France », on va te parler de la réalité aussi de la France et pas que des cotés négatifs, car il faut arrêter la démago au bout d’un moment...
Pareil pour « il attend elle attend » qui parle de la rue en parlant de la prostitution masculine et féminine. Pareil pour « vie de bohême » dans lequel on explique les vrais problèmes au quotidien de la vie d artiste (financier, moral...) sans te dire « t’as vu c’est cool d’être artiste c’est simple et facile ». Non on ne veut pas mentir.

T : Nous avons choisi ce titre ironiquement par rapport au fait qu’aujourd’hui tout le monde veut participer à ces émissions, alors que les gens n’ont pas fait leurs preuves et qu’ils veulent juste se faire connaître.
Nous c’est tout le contraire, on donne de la réalité dans le show, et si tu analyses chaque track de l’album tu constateras que tout est en rapport avec la réalité que ce soit qu’on parle de politique (« à qui profite le crime »)ou de nos vie personnelles (« vie de bohème)

- Quels sont les thèmes abordés ?

A : Les termes sont diverses : la prostitution, la France, le détournement des infos, la rupture, la mauvaise foi, la vraie vie d’artiste...

T : La France, la prostitution, nos vies, les difficultés de vivre de sa musique, la mauvaise foi, la politique, la tolérance, les ruptures dans les couples...

- Quel(s) message(s) avez-vous voulu faire passer à travers cet opus ?

A : Apporter un peu d’espoir, car autour de nous les gens sont tellement fatalistes que s’il n y avait pas d’artistes ou des personnes avec des discours positifs on se tirerait tous une balle.

T : Un message de paix de tolérance de respect d’unités les valeurs du hip hop

- Avez-vous des dates de prévu [concerts, show case, tournée] ?

A : Le 8 avril : Filles tv live a 18h20
Le 9 avril : concert à Nangis
Le 22 avril : concert Zenith de Paris
Le 25 avril : Lokalize a Générations
Le 30 avril : concert a Dax
Du 1er au 6 juin : concert au Gabon
Le 16 Juillet : concert Francofolies de la rochelle
Au Festival de Dour
Une tournée est prévue mais nous n’avons pas encore les dates définitives. Sinon le nouveau maxi d’Amara arrive bientôt, ainsi que son nouvel album. Www.princessanies.com www.les-specialistes.net

T : Le mieux est de mettre l’adresse du site : « www. les-specialistes.net »

En conclusion : si je vous dis " rap indépendant " vous me répondez... ?

A : L’avenir du rap !!!! Et accrochez vous !

T : C’est l’avenir du rap

PS : Nous vous rappelons que deux albums solo vont bientôt voir le jour, à savoir Celui de Tepa et celui d’Anies. Et Surtout L’album des spécialistes « Reality Show » est dans les Bacs..




 
 
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