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L’Skadrille :
27 février 2006

Suite à la sortie de leur premier album officiel, nous avons rencontré 13 Or et 16 Ar, les duo qui forme L’Skadrille.

L’Skadrille c’est qui ? Pouvez-vous nous parler de vous et de votre parcours

13 Or : L’Skadrille, 13 Or et 16 Ar, nous avons formé le groupe le 31 avril 1996, suite à un concert que nous avions fait ensemble. Nous nous sommes découvert beaucoup d’affinités, notamment nos origines sénégalaises. Chacun de nous deux travaillait seul dans son coin. Nous avons donc décidé de créer L’Skadrille.

Ziko (ex membre de La Brigade) nous a proposé de travailler ensemble sous son label « C2 La Balle », label qu’il venait de monter. Nous avons sorti le morceau « le rêve » en 1997, extrait d’une compilation mixé par DJ Enuff, le DJ de Notorious BIG à l’époque.

Nous avons ensuite enchaîné sur un maxi « Mack 01 : L’Impact du Son » toujours chez « C2 La Balle » Production. Nous avons ensuite signé chez 1ère classe, où nous avons pu participer à 1ère classe 1 et 2, nous avons aussi sorti d’autres maxi. Puis ensuite nous avons sorti notre mixtape Extasik debut 2005, vendue à 10 000 ex. Suivi par la tournée avec Sinik et Tamdem, « l’Indépendance tour ». Et finalement on à sorti l’album le 30 janvier 2006.

Comment s’est passé « l’Indépendance Tour »

16 Ar : « Indépendance Tour », c’était 3 groupes indépendants qui se réunissaient pour créer une tournée. Les salles étaient pleines. Nous donnions notre maximum et le public était réceptif. Nous sommes passé par la Suisse pour finir à L’Elysée Montmartre. Nous sommes maintenant prêts à repartir pour défendre notre dernier album « Nos vies ». Pour cela nous partons en tournée avec le 113.

Quel effet ça fait de voir « Nos vie » dans les bacs ?

13 Or : C’est toujours un plaisir car même si ce n’est pas notre premier disque, c’est le premier album officiel. Le choc c’était plutôt en 1997 avec la compilation « Le rêve » car, à cette époque, nous étions passé du rap dans nos chambres à une diffusion en radio, comme sur Génération FM. Ce dernier album est un aboutissement car nous avons 10 ans de carrière ; c’est toujours un plaisir de voir son album dans les bacs, et de voir qu’il tourne. Grâce à dieu, nous avons vendu pas mal d’exemplaires. On ne s’y attendait pas. On a sorti l’album avec la sueur, on était tous les trois, avec DJ ROC-J. Nous avons investi notre propre argent. Tant que les gens achèteront nos titres, ils participeront à faire tourner la machine. Ceux qui ont acheté Extasik ont participé à notre dernier album, et en achetant « Nos vies », ils participent au prochain et ainsi de suite. On ne s’arrêtera jamais !

Vous cartonnez en ce moment et passez sur les radios nationales. Certains peuvent penser que vous êtes un nouveau groupe. L’intro de nos vies sert-t-elle à rappeler l’inverse ?

16 Ar : C’est important que les gens sachent qui tu es et d’où tu viens. Par contre on se prend pas la tête sur le fait que certains pensent que nous sommes des « petits nouveaux » Les gens qui nous connaissent savent que nous sommes là depuis longtemps. Pour les autres c’est légitime de penser cela. Cette intro vise à nous présenter et raconter rapidement notre parcours.

Vous avez invité Sniper sur cet album, comment s’est faite la connexion ?

13 Or : La connexion avec Sniper a eu lieu à l’occasion de la sortie de leur deuxième album, « Gravé dans le Roche ». Ils nous ont appelé pour le couplet « Paname all star », pour représenter le 78. Humainement ça a très bien collé. Les choses se sont faite naturellement. Nous étions en studio et nous avons pensé à Sniper. Ils ont répondu à l’appel. Le morceau a bien fonctionné, on a tourné le clip par la suite. Ils sont venus au quartier, on a filmé, sans avoir besoin de faire les acteurs.

Et justement, d’où est venu l’idée de faire ce clip ?

16 Ar : C’était vraiment à l’image des bons moments. Ce que tu vois dans les clips c’est ce que tu vois tous les jours. On a des bons moments dans le quartier et c’est ce que tu vois tous les jours. Tous les petits trucs qui donnent le sourire dans le clip correspondent à des vrais bons moments de la réalité. Partout dans les quartiers, tu peux voir des scènes comme celles-ci...

13 Or : On a vraiment voulu que cela parle à un maximum de personnes. On a voulu parler de la réalité de mon quartier et celui de 16ar et ça parle à tous les quartiers de France. C’est un peu mission accomplie et on l’a fait de façon super naturelle, sans prise de tête ; On voulait montrer les bons côtés car les gens parlent trop des mauvais côtés, on voulait aller à contre sens.

Le thème abordé par le morceau « Problèmes » est original. Comment vous est venue l’idée ?

13 Or : On m’avait déjà parlé d’histoires de jeunes de 18 ans dont la copine tombe enceinte et qui ne savent pas comment assumer. 16ar a eu l’idée d’associer à cela le problème de la stérilité. L’idée est de montrer que le malheur des uns fait le bonheur des autres.

16 Ar : Ce morceau permet de relativiser ceux qui n’assument pas l’arrivée du bébé. L’objectif est qu’ils se demandent ce qu’ils auraient ressenti s’ils avaient à faire face à cette situation de stérilité.

Parlez nous du morceau « Quand j’en ai marre de mentir » :

16 Ar : On a fait ce morceau bien avant les événements qui ce sont passé en banlieue. On a tellement voulu rester proche de la réalité pour ne pas s’égarer, qu’on a écrit des choses qui nous touchent et qui touchent tout le monde. La confession à nos maman et parler des bêtises que nous avons pu faire, fait partie de cela. Aujourd’hui, quand on voit que l’on veut mettre beaucoup de choses sur le dos des parents, comme la polygamie, et bien ce morceau tombe très bien. Ce morceau, on l’a écrit pour nous, pour dire que l’on a fait des bêtises dans la rue dont nos parents ne se doutent pas une demi seconde. S’ils étaient au courant, ils ne reconnaîtraient pas l’éducation qu’ils nous ont donnée. Ils ne savent pas ce que l’on fait dehors. Aujourd’hui, à 26 ans, j’ai du recul et je peux en parler. Ce titre c’est donc, comme le dit souvent 13 Ar, un mea culpa.

13 Or : Tu te poses beaucoup de questions. Car les parents nous ont inculqué un maximum de valeurs sauf qu’une fois dans la rue, c’est un autre monde, c’est la réalité urbaine, t’as envie d’exister et pour cela tu prends donc tout ce qu’il y a devant toi. Dire que c’est la faute de la polygamie ou que les parents ont démissionné, ce n’est pas vrai ! Car une fois rentré à la maison, ils sont là pour te faire des sermons. Tous les parents, quel que soit leur milieu, jouent le même rôle. D’ailleurs, ce morceau est comme « bons moments », il parle à tout le monde. C’est comme « Problèmes » ou « Quand j’en ai marre de mentir ». Combien de mecs m’ont appelé pour me dire qu’ils avaient les larmes aux yeux ! Et là tu te dis que tu as réussi à donner le sens que tu voulais à ton morceau.

Pouvez vous nous parler du morceau « Un peuple, un but, une fois »

16 Ar : 11 minutes 30, ça montre qu’on est attaché à mort à ce morceau ! On s’est rendu compte que nous ne pouvions pas tenir dans 3 minutes car il y avait trop de choses à dire. Ca fait partie de nos vies donc on a voulu parler de nos pays respectifs. On voulait faire différent car trop de gens parlent du bled en parlant des palmiers et de la fête alors que ce n’est pas que ça. Il y a aussi la misère. Les cousins me disent « ici c’est la merde ». On a voulu parler de tout cela. Le morceau aurait pu être encore plus long. On a commencer à écrire et après plus de 100 mesures, on s’est dit « stop , on rappe ». C’est un truc qui nous tenait vraiment à cœur car on a dépeint la réalité du pays comme dans d’autres morceaux on dépeint la réalité d’ici. On essaie de coller le plus possible à la réalité !

Ce morceau c’est en quelque sorte une mission accomplie ?

16 Ar : C’est clair, t’as de l’impression que ta musique prend de l’ampleur. C’est un album que l’on a fait avec le cœur, il parle de nos vies. Les thèmes sont à la fois perso mais en même temps fédérateurs. Au début tu penses avoir vécu des choses uniques et au final, tu te rends compte qu’il y a des milliers de gens qui ont vécu la même chose !

13 Or : Faut attendre les retours. C’était le morceau le plus long, mais ce n’est pas prémédité. C’est nos vies, on a apporté nos touches personnelles. Nous avons dit des choses différentes, tout en disant la vérité, nous avons fait ce que nous voulions, nous avons fait passer l’émotion que nous voulions. Dans ce cadre c’est mission accomplie. Quant à savoir si comme pour les autres morceaux les gens se sentent concernés, là, il faudra attendre les résultats des ventes.

16 Ar : Mais déjà ça fait plaisir d’avoir des retours de potes d’Afrique qui nous disent « c’est vrai, c’est ça le bled ! » avec la larme à l’œil. Le morceau parle à tous les africains, à tous les immigrants. C’est une sensation de devoir accompli.

Quels sont les autres projets en cours ?

13 Or : On continu a travailler en défendant l’album au maximum. On bosse aussi sur différents projets pour s’exprimer comme on a envie de le faire. Il y a la tournée avec le 113 mais aussi la mixtape de Mac Gregor avec Tamdem, « Insurrection ». On travaille aussi sur les projets de Marc de Génération FM, Original Bomb Attack , sur celui de Golfinger, ou encore sur l’album d’OGB, bref on taff un maximum !

Qu’est-ce vous écoutez en ce moment ?

13 Or : Diams, Booba, Roff, les mixtape de rap français avec des nouveaux talents qui arrivent.

16 Ar : La même chose pour moi. J’écoute aussi de la musique malienne. On étudie des mecs à l’ancienne. Par exemple les Renaud, NTM , IAM, EJM ou les Lionel D et Expression Directe.

Vous avez mis en ligne le site lskadrille.com. pour vous Internet, c’est important ?

13 Or : Je suis nouveau sur Internet. On a donné des directives pour la gestion de notre site. On met les clips ou notre actu en avant première sur le site. C’est important car c’est l’outil de demain. C’est un truc de malade ; maintenant grâce à Internet, il n’y a plus besoin d’attendre pour voir un clip ou avoir une information.

Question habituelle, de Rapunion.com : si je vous dis « Rap indé », vous me répondez quoi ?

13 Or : liberté

16 Ar : pouvoir gérer sa musique,

Ensemble : Difficulté ! Tu travailles pour ta musique. Par exemple, nous, lorsque nous avons commencé à travailler sur notre album, on ne savait pas quand ni où il allait sortir ! Quand tu fais de l’indé, il faut avoir la passion de la musique ! Car personne d’autre que toi investira sur toi. Comme je crois en ce que je fais, j’investi mon argent dans mon projet.

Merci à L’SKadrille et à systeme Buzz pour cette rencontre trés intéressante.



 
 
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